Au petit déjeuner, ce matin, la radio me parle encore de cette polémique autour du roman de Thélyson Orélien « C’était ça, ou mourir ». Je me sens évidemment concerné par le sujet. Pourtant le reportage me laisse sur ma fin, d’autant plus que tous les commentaires diffusés semblent me dire la même chose…
Cela me rappelle le podcast avec Eric Emmanuel Schmidt. Du coup, par pure provocation bien sûr, je me suis dis que je devais débattre de ce sujet avec ChatGPT ou Claude. Et voilà ce qu’il en ressort. (Pour être transparent, comme vous l’avez compris, cet article a été « conçu » à l’aide de l’IA !)
L’échange part d’une réflexion sur la polémique entourant le roman C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, d’avoir été écrit avec l’aide d’une intelligence artificielle. La question de la qualité littéraire est volontairement écartée : le roman est considéré comme réussi par les critiques tout comme par le public. Le véritable problème devient alors celui de l’auteur : qui peut être reconnu comme l’auteur d’une œuvre lorsque sa production implique une collaboration humaine ou machinique ?
Cette interrogation conduit à évoquer les pratiques anciennes de collaboration littéraire. Alexandre Dumas travaillait notamment avec Auguste Maquet, qui participait à la conception, aux recherches et à la rédaction de certains textes. Pourtant, le nom de Dumas s’est imposé comme la signature principale. Cette situation montre que l’auteur peut être une figure collective, même si le public préfère souvent identifier l’œuvre à une personne unique. La discussion mentionne également les théories attribuant certaines pièces de Molière à un autre écrivain, notamment Corneille. Ces hypothèses demeurent fortement contestées, mais elles illustrent une difficulté récurrente : le public veut savoir qui se trouve derrière l’œuvre.
Une distinction est ensuite proposée entre trois figures de l’auteur : l’auteur matériel, qui produit les phrases ; l’auteur artistique, qui conçoit, organise et transforme l’œuvre ; et l’auteur public, dont le nom sert de garantie auprès des lecteurs. Ces trois dimensions peuvent coïncider, mais elles peuvent aussi être séparées. La promotion littéraire repose largement sur cette dernière figure : le public n’achète pas uniquement un texte, mais aussi une signature, une biographie, une personnalité et une promesse de rencontre.
On en vient à la question centrale : de quoi avons-nous fondamentalement peur dans cette polémique ? Benoît propose celle d’une déshumanisation de la création artistique par l’intelligence artificielle. Le problème n’est pas nécessairement qu’une machine produise des textes, mais qu’elle puisse conduire les humains à renoncer à l’expérience personnelle, au risque et à la nécessité intérieure de créer. Une œuvre peut être techniquement réussie tout en étant dépourvue d’expérience vécue.
Enfin, l’échange explore l’idée que la lecture constitue une forme de contagion psychique. Le lecteur ne reçoit pas seulement des phrases : il croit entrer en contact avec une expérience humaine transformée en langage. Les émotions, les souvenirs et les conflits de l’auteur peuvent ainsi devenir momentanément les siens. L’intelligence artificielle semble interrompre cette chaîne, puisqu’elle peut simuler l’émotion sans l’avoir éprouvée.
Dans une perspective jungienne, l’œuvre humaine transmettrait une part de la psyché de son auteur, tout en activant des symboles et des archétypes collectifs. L’IA peut produire ces mêmes effets, mais sans être elle-même un sujet vivant. La peur fondamentale serait donc moins d’être contaminé par du non-humain que de prendre une simulation de présence pour une véritable présence, nous privant alors de la promesse attendue de rencontrer la magie.
